Secteur transport & logistique
Le transport cumule les marges les plus minces et la prescription la plus courte. La loi Gayssot vous donne une arme que peu de transporteurs utilisent : encore faut-il agir dans l'année.
Marges serrées, gazole payé comptant, clients payés à 60 jours : dans le transport routier de marchandises, l'impayé ne met pas la trésorerie sous tension, il la met en danger. Et c'est le secteur où il faut agir le plus vite, car la loi vous donne des armes puissantes mais brèves.
Pour le transport routier de marchandises, la location de véhicules et la commission de transport, le code de commerce (article L. 441-11) plafonne le délai de paiement à 30 jours à compter de la date d'émission de la facture, par dérogation au droit commun des 60 jours. Un client qui vous impose 60 jours ou « fin de mois le 10 » est déjà hors la loi, et cet argument pèse lourd dans une négociation amiable.
L'article L. 132-8 du code de commerce fait de la lettre de voiture un contrat entre l'expéditeur, le voiturier et le destinataire : le transporteur dispose d'une action directe en paiement contre l'expéditeur et contre le destinataire, qui sont garants du paiement du prix du transport. Toute clause contraire est réputée non écrite.
Concrètement : si votre donneur d'ordre, commissionnaire ou affréteur ne vous paie pas, ou dépose le bilan, vous pouvez réclamer le prix du transport directement au chargeur ou au destinataire de la marchandise, même s'ils ont déjà payé leur propre cocontractant. C'est une protection exceptionnelle en droit français, et beaucoup de transporteurs ne l'utilisent jamais, faute de temps ou de méthode.
Contrepartie de ces armes, l'article L. 133-6 du code de commerce soumet les actions nées du contrat de transport à une prescription d'un an, là où le droit commun commercial laisse cinq ans. Une facture de transport qu'on laisse dormir dix-huit mois est le plus souvent perdue. La règle d'or du secteur : toute facture impayée à 60 jours doit entrer en recouvrement, sans état d'âme.
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Pas nécessairement. C'est le cas d'école de l'action directe de l'article L. 132-8 : vous pouvez réclamer le paiement à l'expéditeur ou au destinataire, qui sont garants du prix du transport. Il faut aussi déclarer votre créance à la procédure dans le délai de deux mois. Les deux démarches se mènent en parallèle.
Non : la garantie de l'article L. 132-8 joue même si le destinataire a déjà réglé le commissionnaire. Il peut être conduit à payer deux fois, c'est précisément la force du texte, et la jurisprudence l'applique avec constance.
La prescription annale de l'article L. 133-6 a probablement joué, sauf cause d'interruption (reconnaissance de dette, paiement partiel, action en justice). Envoyez le dossier : l'analyse est gratuite et la réponse, honnête.
Cette liste de secteurs n'est pas exhaustive : Cérès prend en charge les impayés entre professionnels de tous les secteurs d'activité. Références : articles L. 132-8, L. 133-6 et L. 441-11 du code de commerce, vérifiés sur Légifrance.