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Fiches pratiques · Relances

Relancer ou recouvrer : à quel moment passer la main ?

Temps de lecture : 5 minutes

La relance interne est indispensable, et elle a une durée de vie. Passé un certain point, chaque relance supplémentaire coûte du temps et n'apporte plus rien. Voici comment reconnaître ce point.

La plupart des retards de paiement n'ont rien de dramatique : une facture égarée, un bon de commande manquant, un circuit de validation trop long. Une première relance courtoise, puis une seconde plus précise, règlent la majorité des cas. La question n'est donc pas de savoir s'il faut relancer, mais quand la relance a cessé de fonctionner.

Ce que valent vos relances

Une relance interne a deux vertus : elle rappelle au client que la facture existe, et elle lui donne une occasion de dire ce qui bloque. La première relance, le lendemain de l'échéance, produit le plus d'effet. La deuxième, quinze jours plus tard, plus ferme et chiffrée avec les pénalités et l'indemnité de 40 € par facture, en produit encore. Au-delà, la courbe s'aplatit : le client qui n'a pas réagi à deux relances a décidé, consciemment ou non, que votre facture attendrait. Insister avec le même expéditeur et le même ton ne change plus rien, sinon la relation.

Les cinq signaux qui disent que la relance interne a fait son temps

Pourquoi 60 jours, et pas six mois

Trois raisons. La valeur d'une créance décroît avec le temps : le débiteur fragile finit par disparaître, le débiteur solide s'installe dans le silence, et les pièces se perdent. La prescription ensuite : cinq ans en droit commun entre professionnels (article L. 110-4 du code de commerce), mais un an seulement pour le prix d'un transport, à compter de la livraison de la marchandise (article L. 133-6), et un an pour les travaux et fournitures sur un navire. La relation commerciale enfin : tant que c'est vous qui relancez, chaque relance abîme un peu le lien ; quand un tiers reprend le dossier, la relation redevient commerciale de votre côté, et professionnelle du sien.

Ce que vous perdez à attendre

Pas les pénalités ni l'indemnité de 40 € : elles courent de plein droit dès le lendemain de l'échéance et restent dues (article L. 441-10). Ce que vous perdez, c'est la probabilité d'être payé du principal, et le temps que vous passez à relancer au lieu de produire. Une facture confiée à 60 jours se recouvre souvent en quelques semaines ; la même facture confiée à dix mois se négocie, avec remise, quand elle se recouvre.

Ce qui se passe quand vous passez la main

Vous transmettez les pièces, l'analyse est gratuite et l'avis rendu sous 48 heures, y compris quand il vaut mieux ne pas engager de frais. Si le dossier est pris, une convention écrite est signée avant toute démarche, puis la mise en demeure part et les relances s'enchaînent selon un calendrier fixé. La rémunération est une commission sur les sommes effectivement récupérées, au taux d'un palier qui baisse à mesure que la somme récupérée auprès d'un même débiteur augmente, de 25 % en dessous de 1 000 € à 8 % au-delà de 65 000 €, sans frais de dossier : si rien n'est récupéré, rien n'est dû. Et plus le dossier est confié tôt, plus les chances de récupérer sont grandes : n'attendez pas que la facture ait vieilli.

Une facture qui a dépassé les 60 jours ?

Envoyez-la avec vos relances : sous 48 heures, un avis franc sur ce qui est récupérable, gratuitement.

Références : articles L. 110-4, L. 133-6, L. 441-10 et D. 441-5 du code de commerce, article R. 124-3 du code des procédures civiles d'exécution. Cet article est une information générale à jour de septembre 2026 et ne constitue pas un conseil juridique individualisé.